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23.02.2008

Constructif

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CONSTRUCTIF, IVE, adj.

Étymol. et Hist. xve s. [ms.] (Gloss. lat.-fr., Richel. Cat 7679 ds Gdf.), seulement au xve s., gloses; puis 1863 (Littré). Empr. au b. lat. constructivus « propre à construire ». Qui contribue à construire, à faire avancer les choses de façon positive

Voir : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/constructif

Ehonté : le résultat !

Cette session ayant eu lieu voilà maintenant déjà une semaine, je peux sans honte me sentir honteux d'avoir tant tardé à mettre à jour le blog...

Pour cette  5ème édition, nous étions à nouveau chez Babette, qui avait réussi à réunir son trinôme de choc.

Départ sur les chapeaux de roue, si j'ose dire, avec l'apéritif.

 

Mises en bouche : Orgueils de bélier sur canapés

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 Christophe :

L'adjectif du mois nous a fait forcément réfléchir sur ce qui donne ou ne donne pas prise à la honte ...
Ce qui nous a rappelé que le terme de "parties honteuses", désigne, dans le vocabulaire pudibond, les zones les plus "joyeuses" de notre anatomie.
Voilà qui nous donnait une bonne occasion déguster sans honte des animelles, ou frivolités, ou encore rognons blancs, bref des testicules, de coq, d'agneau ou autre (enfin, pour un apéro, nous ne souhaitions pas aller jusqu'aux reliefs de corrida).
Le tripier pouvait me commander des bobolles "d'agneau". Va pour l'agneau.
Pour mon érudition et la vôtre, je me suis fait confirmer que le terme "amourette" ne désigne pas, comme on pourrait le croire par association hâtive, les testicules, mais bien la moelle épinière du mammifère, mâle ou femelle d'ailleurs.
J'ai mis "agneau" entre guillemets car au vu des choses en question, il est évident qu'elles ne sont pas prélevées sur de frêles agnelets. Et comme elles sont livrées par paires -une logique imparable que je n'avais toutefois pas anticipée ! - j'ai rapporté à la maison de quoi faire quelques tests de cuisson et d'accompagnement sans craindre de frustrer nos compagons d'aventures gustatives.
La tripière m'avait bien vidé les gonades, s'assurant ainsi qu'on n'y trouverait pas ce que d'aucunes répugnent à avaler (éhonté, je vous le rappelle).
Après quelques tests, il est apparu que leur goût peu prononcé appelait une préparation simplissime : les coucougnettes en tranches revenues rapidement dans du beurre, déposées sur des tranches de pain et nappées d'un soupçon de crème fraîche préalablement chauffée et parfumée à la muscade (aux vertus "aphrodisiaques" bien raccord avec le thème). Le canapé était en outre une présentation pratique pour un apéro sans assiette ni fourchette.
La dégustation fut donc tranquillement éhontée, personne ne s'offusquant de mettre en bouche les précieuses glandes.

Le vin pouvait être bu de façon éhontée, mais nous ne tenions pas à rouler trop tôt dessous la table. Par contre, nous trouvons "éhontée" l'apparition, sur certaines bouteilles, de capsules à vis en lieu et place du bouchon, pratique qui donnerait aux plus nobles nectars une allure de piquette. Ce fut donc le critère de choix de notre vin d'apéro, d'autant plus éhonté qu'il s'agissait d'un californien certes doux et fruité, mais peu propice aux dégustations approfondies. (un assemblage de zinfandel et de shiraz, de chez Fetzer).
Pour paraphraser Philippe Labro qu'est-ce qu'être californien ? C'est se complaire dans le mauvais goût, tout en sachant que ce n'est pas grave !
Éhonté, vous dis-je.

 

 L'entrée, à la gloire de notre Président : les oeufs bling-bling !

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En réfléchissant à l'entrée, je me suis souvenu de ma réaction lorsque notre ami Niko nous a raconté, il y a quelques années, sa dégustation d'un "œuf-coque" contenant tout les mets qui passent pour être les plus fins, voire les plus chers, de la gastronomie : oursin, caviar, truffe, foie gras ... J'ai pensé, tel le renard de la fable, quelle aberration, l'addition de tout ça ne donne sûrement pas un résultat supérieur ! C'est une curiosité pour nantis !
Une recette éhontée, en somme. Et assez "bling-bling", pour reprendre l'épithète le plus mode en ces temps d'exhibition clinquante.
Nous décidons de prendre le risque et de tenter l'expérience, pour savoir si effectivement l'accumulation vaut le coup.
Pour retrouver la recette exacte, et surtout pour nous approvisionner en truffe, nous nous sommes logiquement tournés vers Niko, qui tient maintenant, avec sa femme Marie, le restaurant "Aux Gourmands", LA belle table de Montélimar ... Car si les autres ingrédients sont trouvables facilement, les détaillants de truffe de qualité ne sont pas légion. Chance, il pouvait nous en procurer un reste : trois belles boules noires, arrivées peu après par la poste et aussitôt enfermées dans une boîte hermétique avec des œufs super frais.
Pour jouer le jeu jusqu'au bout, je suis entré chez Fauchon pour la première fois de ma vie, afin d'y acheter un minuscule pot de caviar (acipenser baeri d'élevage, il y a une limite à l'éhontage!).

Les œufs bling-bling se préparent ainsi :
On ouvre délicatement, comme des œufs à la coque, les œufs qui ont passé quelques jours au frigo en compagnie des truffes, lesquelles les ont parfumés à travers leur coquille poreuse. Les blancs et les jaunes sont mélangés dans une brouillade qui recevra, en plus, de la truffe râpée.
Dans chaque coquille vide, déposer quelques coraux d'oursins (les gonades, pour rester dans l'esprit de l'apéro), puis une couche d'une crème faite de foie gras préalablement écrasé dans un peu de crème fraîche.
C'est le moment d'ajouter la brouillade truffée à peine tiédie. Compléter par une cuiller de caviar et décorer d'une fine rondelle de truffe prélevée à cet effet.
Servir aussitôt sur un coquetier.
Le truc ultime est de plonger la cuiller jusqu'au fond pour ramener un peu de chaque couche et goûter le tout en même temps. L'expérience est sublime, bien au delà de ce que ma méfiance me laissait espérer ;) Attention, il faut se concentrer sur chaque papille, car les bouchées sont petites et peu nombreuses !

Une bouteille de Roederer négociée de manière éhontée a permis d'accompagner cette expérience avec -tout de même- plus de classe qu'un champagne à bouchon vissé.

Et tout ça un jour de Carême !
Éhonté, vous dis-je.

 

Le plat : Langues de Porc épiques et pates érotiques, sauce aphrodisiaque à la mangue et baies de Sichuan

 

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Je laisse comme d'habitude à Babette le soin de s'exprimer sur ce plat sans équivoque et en plus délicieux !

Je suis sûr qu'elle fera une description éhontée de tout cela.

Il semblerait que la recette puisse être imputable à ce livre, ce qui explique beaucoup de choses :

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 Le dessert : Terrine glacée au chocolat

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 Gildas : Bon alors c'est vrai, qu'après ce qui précède, ça peut paraître un peu plat (ça tombe bien c'est un dessert. haha)

On pouvait s'attendre à finir sur une apothéose érogène et là je sors ma terrine. En fait il suffit d'entrer dans sa composition et l'aspect éhonté apparait tout de suite : 3 oeufs, 8 jaunes d'oeuf, 250g de beurre, 250g de chocolat à 70% de cacao... et je ne parle pas de la crème et du sucre. Et tout ça sans aucune honte pour le régime ou le choléstérol. En accompagnement, une petite tuile à l'absinthe avec graines d'anis et feuilles d'absinthe.

La boisson vient d'un viticulteur qui ne gagne pas à être connu car sa production n'est pas gigantesque et que j'aimerais pouvoir continuer à en profiter : Stéphane Tissot. J'avais initialement pensé à un de ses vins dont le nom était adapté à l'occasion : Audace. Un rouge liquoreux très original, sur base de Poulsard vinifié en vin de paille ! M'y étant pris, comme d'habitude, un peu avant le dernier moment, je n'ai pu me le procurer mais j'ai trouvé cet autre nectar : Spirale. Ce vin de paille a la particularité de faire 8° seulement, ce qui fait qu'il ne peut justement pas bénéficier de l'appellation, mais on peut du coup le boire de façon éhontée ! Par ailleurs ce vin est un des derniers à être passerillé sur paille et pourtant d'autres viticulteurs qui n'utilisent plus ce procédé semblent n'avoir éprouvé aucune honte à poursuivre leur confrère pour qu'il n'utilise plus le mot "paille" sur son étiquette !

éhonté, vous dit-on !