Pour cette sixième édition de l'ECC, nous avons pensé modifier un peu les règles du jeu, pour rester en accord avec notre thème du mois : constructif. Nous nous sommes donc donné rendez-vous en début d'après-midi, chaque équipe devant apporter 5 éléments constructifs. Nous avons ensuite discuté de ce que chaque équipe pouvait faire, en se partageant ces 15 ingrédients qui devaient tous être utilisés.
La liste : bricks, patates douces, gambas, mangue, coriandre (Christophe et Cécile), poisson, courgettes, mozarrella, tomates cerises, ananas (Gildas et Estelle), gambas, christophines, golden mushrooms, amandes, oranges (Babette et Caroline). Je suis sûr que j'ai encore foiré la répartition mais c'était à peu près ça... en tous cas voici la photo témoin :
Bon il est temps de me mettre au compte rendu, on enchaine samedi ! (Mais non Babette prends ton temps, tu feras les 3 d'un coup !)
La répartition des éléments s'est donc faite en accord avec l'épithète du jour, chacun proposant aux autres des possibilités d'associations. Au final, je me suis retrouvé à utiliser pas mal des ingrédients que j'avais moi-même apportés, mais dans des compositions que je n'aurais jamais imaginées spontanément.
En apéritif : Makis et sachimis à la provençale
Les makis sont composés simplement de fines lamelles de courgette crue, marinées dans du citron et de l'huile d'olive avec quelques graines de coriandre, et enroulées autour des golden mushrooms, crus également. Il y a également dans l'assiette des sachimis de saumon : la simplicité de ces petits dés de poisson cru est séparée de la forme surprenante des makis par une sauce faite d'huile d'olive, de citron et de coriandre finement coupée. La forme rectangulaire des plats doit souligner encore le potentiel constructif du tout.
Certains diront peut-être qu'au final ça ressemble plus à une entrée qu'à un apéritif. C'est vrai, mais j'avais déjà réussi à faire passer un plat pour une entrée pour "dichotomique" . d'ailleurs j'ai bien l'intention de faire un kouign-aman en entrée pour "régional"...
Pour le vin, Estelle avait trouvé in-extremis une bouteille de Moscato d'Asti qu'elle avait sélectionnée pour sa forme compatible avec le vin de l'entrée. Il s'est avéré que ce vin blanc pétillant que le vendeur avait qualifié de "sec" était en fait trop "amabile" pour aller avec ce que nous mangions. J'avais prévu en secours une bouteille de Chardonnay qui a rétabli au mieux la situation.
L'entrée : Mille feuilles de Christophines au thon à l'italienne (Pise)
Deuxième exemple d'assemblage que je n'aurais pas essayé d'emblée. J'ai d'abord fait cuire les tranches de Christophine au four avec de l'huile d'olive, du thym et du laurier. J'ai ensuite préparé les parties hautes et basses des mille feuille sur la plaque de cuisson, en alternant christophine et tomates cerises et mozzarella, arrosés d'une sauce composée du jus de cuisson des christophines, de concentré de tomates et d'oignons nouveaux. J'ai ensuite remis l'ensemble au four une dizaine de minutes, puis encore juste 1 minute après avoir monté les mille feuilles en rajoutant au milieu une tranche de thon assez fine. Pour le service, j'ai rajouté du parmesan rapé et de la coriandre émincée (c'est le fil rouge de la soirée !). Le tout a pris un air penché en cours de service, référence architecturale bienvenue à la tour de Pise...
En boisson, le pendant du moscato de l'entrée par la forme de la bouteille, mais en rien par son contenu. J'avais sélectionné ce vin en prévision de cette édition sur l'incontournable site
vins étonnants. La forme de la bouteille et l'etiquette, en premier lieu, évoquent le constructivisme. Il s'agit ensuite d'un cépage hybride, ce qui va très bien aussi au thème. Et au final, c'est un vin original et puissant qui s'est parfaitement accordé à l'entrée.
Christophe : Le plat
Le festin virtuel en kit sur la table de la cuisine était à la limite du paralysant, mais avec l'esprit contructif qui nous animait tous les six, il n'était finalement pas très difficle de cerner le potentiel de certaines combinaisons.
Cécile et moi avons choisi gambas (grosses et petites), ananas, patates douces et coriandre, avec l'idée de construire un plat sucré-salé. Restait à trouver quelques compléments dans les placards (de Gildas), seuls fournisseurs autorisés.
La tour gambananas et son rempart de patate douce.
L'histoire commence avec l'épluchage et la découpe en cubes des patates douces, et leur cuisson en cocotte-minute.
Puis nous avons fait revenir les gambas avec du beurre et du gingembre "du placard" (en l'occurrence du congélateur) ; pendant ce temps, de fines rondelles d'ananas tentaient de caraméliser dans leur propre jus enrichi de sucre brun.
Pour le service, nous avons empilé les tranches d'ananas en alternant avec les gambas poêlées, de façon à obtenir un semblant de construction. Plus évident était le mur de cubes de patates douces, fondants à souhait.
La poêle des ananas déglaçait avec du vinaigre "qui-n'a-de-balsamique-que-le-nom" et encore un peu de sucre, pour obtenir un caramel aigre-doux jeté sur l'assemblage gambas-ananas ; la patate douce se voyait nappée d'une sauce légère de lait de coco et coriandre ciselée.
Un résultat plutôt positif, avec comme inconvénient la dureté du caramel refroidi : nous n'avions pas pensé à le délayer pour lui conserver un peu de fluidité, il en a profité pour s'improviser ciment, mais comment lui reprocher cet ecxès ... constructif ?
Pour la boisson, je laisse le clavier à Cécile qui s'est dévouée pour rendre visite au caviste :
Pour le vin, nous avions finalement convenu de nous adapter à la construction du repas. Mes quelques recherches sur le net m'avaient donné envie d'un cépage unique, mais dont les variantes inondent le monde du vin et le monde tout court. Et comme il y avait déjà un Chardonnay sur la table, j'ai voulu y rester. Il me semblait constructif de déguster un cépage selon différentes vinifications (en fait j'aurais bien aimé faire une dégustation horizontale, mais deux vins c'était un peu juste !). J'ai donc choisi un Chardonnay du Chili au "Lieu Dit", cave bien sympathique de Versailles, dont on repart avec 6 bouteilles différentes quand on venait en chercher une seule (les prochains dîners sont assurés !). Ce Chardonnay s'est révélé très agréable, très équilibré bien que je ne sois pas allée le chercher à l'autre bout de Paris, après des heures passées sur la toile, mais bon, je ne veux pas faire de concurrence à Gildas et Estelle qui excellent dans ce domaine !