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08.04.2008

Rhizocarpé !

Et oui, on ne l'attendait plus et le voilà. Ce fameux adjectif que tout le monde utilise dans son quotidien, dont chacun connait la signification... non ? alors voilà : en botanique, plante dont les organes reproducteurs sont situés sur les racines. Un exemple : le lichen. Bon appétit !

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régional : an disoc'h*

* : le résultat (en breton, e brezhoneg)

Après avoir frimé avec ma maitrise approximative du breton, j'enchaine sur le compte rendu. Je ne voudrais pas que Babette s'impatiente.

L'étape régionale avait donc lieu chez Christophe et Cécile, en fonction de la règle désormais établie que celui qui est en charge du plat est celui qui reçoit. (et celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas. Dieu merci nous habitons tout près à pied)

Et une nouvelle fois, j'avais en charge apéritif et entrée. Dans un premier temps, j'avais pensé à décliner un même produit -les moules- en plusieurs cassolettes cuisinées régionalement (à la bretonne, à la normande, à la provençale...) Malheureusement, la saison n'étant pas appropriée, j'ai changé d'avis la veille à 22h30. Sur le coup, l'idée me paraissait bonne. Autant pour moi.

 

Apéritif : Cidre et bouchées vapeur sino-celtiques

 

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Tout le monde attendait de ma part une recette armoricaine. Moi, à force de lire Qiu Xiaolong, je m'interessais plutôt aux grandes régions culinaires chinoises (Free Tibet quand même). D'où cette idée stupide d'associer les deux. En me documentant, il m'a semblé incontournable, pour "régional", de se rapprocher de Canton (haha). D'où le principe de dimsums avec des ingrédients typiquement bretons !

Premier essai : won-ton avec une garniture à base de cabillaud et de choufleur. Participation d'Estelle pour la délicate opération de pliage, suivant le mode d'emploi trouvé ici. Un résultat incipide et décevant, malgré le nappage de bisque d'écrevisse au dernier moment pour essayer de limiter les dégats.

Deuxième essai, plus réussi : gyoza (raviolis) garnis de crevettes, navet, et coriandre, cuits partiellement dans un bouillon de légumes puis frits. J'en ai oublié de prendre la photo !

 

En entrée : Crèpes de Saint-Jacques  paimpolaises à la cantonaise

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Je vais jusqu'au bout de mes analogies foireuses en opposant l'emblême de la gastronomie familiale bretonne à son pendant chinois.

Ce qui donne des crêpes de riz garnies de lamelles de noix de saint jacques préalablement revenues rapidement à la poelle avec du beurre (salé bien-sûr) et des échalottes, nappées d'une fondue de poireaux. Les crêpes étant ensuite cuites au panier vapeur et saupoudrées au dernier moment de fleur de sel, pour compenser l'absence de sauce soja ou nioc mam.

Il manquait quelques essais pour que se soit vraiment bon. Le marché de la galette de blé noir n'a pour l'instant rien à craindre de la concurrence chinoise !

J'allais oublier la boisson : un Bourgogne, côte chalonnaise, blanc. Mon chauvinisme s'arrête bien volontiers quand il s'agit de vin.

 

Bon j'arrête là. A toi Christophe : 

 

Le plat

 

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Régional, oui, mais tout plat ayant une origine régionale, comment choisir ?
Loin de l'audace imaginative de Gildas, nous raisonnons tradition.

Première hypothèse : se concentrer sur les régions à forte identité, voire séparatistes : pourquoi pas un plat basque arrosé d'un vin corse ? Trop explosif.

Ou alors un échantillon de plat de chacune des régions administratives françaises ? Trop trop.

Alternative personnalisée : nous choisissons de préparer une spécialité de la région d'origine de chaque convive. Avec un petit flou pour Estelle : fallait-il remonter à ses origines polonaises ?

Finalement, la répartition s'est faite ainsi, en outrepassant quelque peu le strict plat qui était notre lot :
- honneur à la Bretagne de Gildas avec une lotte à l'Armoricaine, arrosée d'un Marcillac de l'Aveyron de Cécile.
- un trou normand pour moi (n'y voyez aucun parallèle : je suis normand mais pas si trou). C'est là qu'on a failli voir une vodka polonaise le disputer au Calvados ... Mais l'usage nous apportant la Normandie sur un plateau, comment résister ?
- un Pouligny Saint-Pierre du Berry de Babette en duo avec un Brie de l'Île de France pour Estelle, avec la baguette de tradition francilienne elle aussi. Le tout sous la houlette d'un Coteaux du Giennois, beau blanc du Berry également.

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Pas de recette inédite, donc, au risque de paraître éhonté dans le cadre de ce challenge expérimental.

D'aucuns prétendront que la recette dite "à l'armoricaine" n'a rien à voir avec la Bretagne. Je laisserai les exégètes et les archéo-linguistes en débattre. Ce que je vois, moi, c'est qu'avec autant d'échalote finistérienne, cette lotte représentait dignement la Bretagne.

 

La parole à Babette :

Le dessert 

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Après une alliance sino-bretonne, suivie de la mise à l'honneur de toutes les régions des convives -moi, c'était la, oups !, le chèvre, le Pouligny Saint Pierre (36)- j'ai choisi de célébrer toute seule, comme une grande, le Bordelais pour honorer ma partenaire absente. Monsieur Baillardran ne donnerait-il pas des cours de canelés par hasard ? J'ai en effet inventé le canelé bronzé servi avec une crème mousseuse au rhum (ingrédient présent dans le canelé) de Ginette Mathiot, sans doute pour pallier au manque de chaleur et de soleil. Quant aux pétales de rose séchés, ils n'étaient là qu'en décoration pour répondre à Gildas qui, le matin, me rencontrant sur le marché à attendre mon tour chez le fleuriste, m'a lancé "alors, comme ça, tu fais un dessert aux fleurs ?". Le tout arrosé modérément de Sauternes, le 2ème du Chateau Guiraud.
C'était encore la fête !
Mais nous avons sans doute mangé notre pain blanc car voilà Rhizocarpé...