« Rhizocarpé ! | Page d'accueil | Eculé »
02.06.2008
Rhizocarpé : le résultat
Je laisse à Babette le soin d'intervenir pour nous présenter son entrée...
Le plat : Canette de barbarie farcie à la rhubarbe

J'avoue qu'après les aléas de l'épisode "régional", je me suis laissé aller à la facilité. Malgré l'excellent travail de recherches d'Estelle, qui ouvrait toutes les possibilités (ce qu'ont démontré mes camarades), je n'ai utilisé qu'un ingrédient rhizocarpé, découvert comme tel sur le tard : la rhubarbe. Et j'avoue que c'est en surfant sur le net que j'ai eu l'idée d'introduire cet ingrédient dans un volatile. Un plat simple qui s'est avéré délicieux puisqu'il n'est rien resté ou presque de cette pauvre bête.
Mise en oeuvre très simple : 1 kg de rhubarbe émincée, mise à suer avec 150g de sucre roux dans une casserole (oui je sais désolé Cécile, ça vient de me revenir). Mélanger avec de la coriandre, saler au sel de guérande, ajouter du piment d'espelette. Remplir la canette avec le mélange et mettre au four le temps voulu (1 heure environ). Déglacer le plat et ajouter de la coriandre hachée dans le jus...
Pour la boisson, j'ai pensé bien-sûr à l'arôme des vins. Armé de ma liste d'aliments rhizocarpés, un petit tour sur mon site de référence m'a appris que les arômes de banane et d'ananas étaient réservés aux vins blancs... Il me restait le réglisse, plus classique. ça tombe bien j'avais dans la cave une bouteille de Clos de Patris, un côtes du Ventoux épatant qui confirmait sur son étiquette "cerise et réglisse". Court moment d'euphorie puisque j'ai constaté très vite que ladite bouteille avait déjà été bue. J'ai donc couru dans le repère de mes autres camarades, au lieu-dit, et j'en suis ressorti avec un Costières de Nimes 2007 plutôt correct et un très remarquable cahors 2005, "clos d'un jour", avec un cépage cent pour cent cot lui conférant une note effectivement réglissée...
C'est Christophe qui prend le relais avant que je prenne racine dans ce post...
Le dessert ... :
Après le tirage de cet adjectif tant redouté, l'inquiétude nous a pas mal tenaillés, ce qui explique le record de commentaires et le partage assez inhabituel des recherches.
Si on nous avait dit que ça aboutirait à une compote de bananes, nous aurions été plus sereins ... ou encore moins ;)
Finalement, nos ingrédients rhizocarpés principaux furent la banane, l'ananas et le gingembre. Plus la menthe en appoint. Et le rhum, puisqu'il provient de ce célèbre rhizocarpé qu'est la canne à sucre.
La semaine a été ponctuée de tests nocturnes, non pas que nous cuisinions en biodynamie selon les phases de la lune, mais parce qu'inventer et mettre au point des recettes allonge les soirées.
Le crumble aux quatre bananes et ses complices tropicaux

- Préparez à part un crumble en mélangeant à la farine et au beurre : du sucre roux, de petits éclats de "bananes chips" (ces rondelles très croquantes) et de tout petits cubes de gingembre déshydraté.
- Envoyez brunir le mélange au four sur une plaque à patisserie, et occupez-vous des verrines :
- Déposez au fond quelques rondelles de ces bananes miniatures appelées fressinettes.
- Par dessus, empilez de petits morceaux de bananes séchées, vous savez, ces bananes noires et collantes qu'on vend tassées dans dans un petit carton cellophané.
- Pendant ce temps, vous avez fait fondre à feu doux de gros morceaux de bananes bien mûres dans un fond de sirop de sucre (de canne). Versez cette compotée encore chaude sur les bananes déjà en place.
- Sortez le crumble du four, il devrait être croustillant; et répartissez-le sur les verrines
Ces juxtapositions avaient un côté un peu dichotomique, mais ça n'a choqué personne.
En tout cas pour moi les bananes séchées étaient carrément madeleinedeproustiennes.
Comme quoi rhizocarpé mène à beaucoup de surprises.
Ces verrines étaient accompagnées d'un grani(ra)té à l'ananas (qui avait plus une allure de sorbet), dont la légèreté contrastait avec le collant de la banane, décoré d'une micro-brochette menthe fraîche-gingembre confit.
Enfin, un mini-baba au rhum (brun), celui qui, à lui tout seul, nous demanda deux soirées de mises au point, les recettes de baba trouvées sur le net étant soit fantaisistes*, soit pas adaptées à une si petite mignardise. Au creux du baba, une cuillerée de crème fouettée lestée de gingembre frais râpé.
Pour la boisson, nous avons un moment cru naïvement que nous trouverions un vin à l'arôme de banane, comme on le dit parfois de beaujolais nouveaux. Mais ce n'est plus la saison du beaujolais nouveau, et si certains œnologues distinguent un nez de banane dans certains gamay ou chardonnay, aucun caviste ne s'est risqué à nous faire une recommandation rhizocarpée.
Et nous n'avons pas eu la présence d'esprit de rechercher de la réglisse !
C'est donc un bon vieux mojito maison (rhum blanc et menthe, plus sirop de canne et eau gazeuse) qui a accompagné ce dessert rhizocarpé, l'adjectif qui, à ce jour, nous a demandé le plus gros investissement intellectuel et préparationnel !
*Que ceux qui veulent des détails sur les proportions non-fantaisistes et une progression professionnelle pour 15 mini-babas postent un commentaire, je ne vais pas encombrer ce blog avec des choses si triviales ;)
21:49 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : rhizocarpé, epithete cooking challenge




Commentaires
Le dessert ...
Après le tirage de cet adjectif tant redouté, l'inquiétude nous a pas mal tenaillés, ce qui explique le record de commentaires et le partage assez inhabituel des recherches.
Si on nous avait dit que ça aboutirait à une compote de bananes, nous aurions été plus sereins ... ou encore moins ;)
Finalement, nos ingrédients rhizocarpés principaux furent la banane, l'ananas et le gingembre. Plus la menthe en appoint. Et le rhum, puisqu'il provient de ce célèbre rhizocarpé qu'est la canne à sucre.
La semaine a été ponctuée de tests nocturnes, non pas que nous cuisinions en biodynamie selon les phases de la lune, mais parce qu'inventer et mettre au point des recettes allonge les soirées.
Le crumble aux quatre bananes et ses complices tropicaux
- Préparez à part un crumble en mélangeant à la farine et au beurre : du sucre roux, de petits éclats de "bananes chips" (ces rondelles très croquantes) et de tout petits cubes de gingembre déshydraté.
- Envoyez brunir le mélange au four sur une plaque à patisserie, et occupez-vous des verrines :
- Déposez au fond quelques rondelles de ces bananes miniatures appelées fressinettes.
- Par dessus, empilez de petits morceaux de bananes séchées, vous savez, ces bananes noires et collantes qu'on vend tassées dans dans un petit carton cellophané.
- Pendant ce temps, vous avez fait fondre à feu doux de gros morceaux de bananes bien mûres dans un fond de sirop de sucre (de canne). Versez cette compotée encore chaude sur les bananes déjà en place.
- Sortez le crumble du four, il devrait être croustillant; et répartissez-le sur les verrines
Ces juxtapositions avaient un côté un peu dichotomique, mais ça n'a choqué personne.
En tout cas pour moi les bananes séchées étaient carrément madeleinedeproustiennes.
Comme quoi rhizocarpé mène à beaucoup de surprises.
Ces verrines étaient accompagnées d'un grani(ra)té à l'ananas (qui avait plus une allure de sorbet), dont la légèreté contrastait avec le collant de la banane, décoré d'une micro-brochette menthe fraîche-gingembre confit.
Enfin, un mini-baba au rhum (brun), celui qui, à lui tout seul, nous demanda deux soirées de mises au point, les recettes de baba trouvées sur le net étant soit fantaisistes*, soit pas adaptées à une si petite mignardise. Au creux du baba, une cuillerée de crème fouettée lestée de gingembre frais râpé.
Pour la boisson, nous avons un moment cru naïvement que nous trouverions un vin à l'arôme de banane, comme on le dit parfois de beaujolais nouveaux. Mais ce n'est plus la saison du beaujolais nouveau, et si certains œnologues distinguent un nez de banane dans certains gamay ou chardonnay, aucun caviste ne s'est risqué à nous faire une recommandation rhizocarpée.
Et nous n'avons pas eu la présence d'esprit de rechercher de la réglisse !
C'est donc un bon vieux mojito maison (rhum blanc et menthe, plus sirop de canne et eau gazeuse) qui a accompagné ce dessert rhizocarpé, l'adjectif qui, à ce jour, nous a demandé le plus gros investissement intellectuel et préparationnel !
*Que ceux qui veulent des détails sur les proportions non-fantaisistes et une progression professionnelle pour 15 mini-babas postent un commentaire, je ne vais pas encombrer ce blog avec des choses si triviales ;)
Ecrit par : christophe | 13.06.2008
Les derniers seront les premiers et l'entrée à la fin...
Alors d'abord, il y a eu le jeu de mots pas trop dur pour une berrichonne de la Brenne : riz-au-carpé.
Je traduis : maki de riz gluant entouré de carpe fumée et trempé dans une sauce mélangeant soja, vinaigre balsamique, gingembre (rhizocarpé) frais râpé, sel et eau.
Pour accompagner les makis, des légumes rhizocarpés : asperges grillées et parsemées de ricotta conservées dans l'huile (de chez Patricia et Thierry "le jardin de Conilhac" sur les bons marchés de Versailles) et mini coeurs de palmier.
Et l'apéritif lui même : cocktail à base d'alcool de riz, de sirop de gingembre (du traiteur antillais "Banan'îles" sur les mêmes marchés de la région) et jus de banane (vedette rhizocarpée que l'on ne présente plus).
Vient ensuite l'entrée baptisée "BAMBOU Là" en hommage à la décoration de l'assiette dont à eu l'idée Guilhem puisque le bambou est aussi rhizocarpé !
Il s'agit d'un bavarois d'artichaut (rhizocarpé) agrémenté de médaillons de langouste, servi avec une salade de cresson et des graines germées cultivées pour l'occasion pour rappeler les lentilles d'eau du Marais Poitevin qui sont, je vous le donne en mille, rhizocarpées ! légèrement assaisonnée (huile d'oline vinaigre balsamique sel poivre) accompagnée d'asperges sauvages sautées à l'huile d'olive.
Ne pas se fier à la photo d'un bavarois avachi, contrairement au test réalisé avant, et des médaillons de langouste (la contribution posthume) trop cuits. Sinon, le bavarois se réalise comme suit :
Eliminer les filaments des fonds d'artichaut en conserve, les couper pour les mixer avec la crème fraîche, une grosse pointe de purée de piment d'espelette, le jus et le zeste d'un citron vert, du gingembre frais râpé et du sel.
Tremper les feuilles de gélatine 5 à 10 minutes, les égoutter.
Chauffer le mélange et incorporer la gélatine jusqu'à dissolution totale et refroidir.
Pour le vin, je me distingue de mes petits camarades car je n'ai pas cherché un nez rhizocarpé ; j'ai avant tout pensé aux végétaux, à la verdure et il m'est alors revenu un nom de vin étranger : le vinho verde qui évoquait naturellement le vin vert.
J'ai appris qu'il s'agissait d'un vin portugais, que sa zone de prédilection est le Monçao, qui fournit le meilleur vinho verde, issu d'Alvarinho. Je l'ai trouvé à l'épicerie portugaise située dans un des carrés de Notre Dame à Versailles mais je ne me souviens plus exactement de son nom (il suffit de zoomer sur la photo de l'album) mais je sais qu'il était bon...
Voilà la fin des commentaires de cette édition sensationnelle de notre ECC durant laquelle nos instincts les plus primitifs et nos sens se sont réveillés au point nous jeter sur les carcasses de ces pauvres canettes !!!
Ecrit par : Babette | 23.06.2008
C'est vrai que rhizocarpé nous a finalement vu sous un jour assez différent des précédents adjectifs : après la collaboration, jusque là inédite, nous avons dévoré tous les restes des plats si élégamment présentés, fini toutes les bouteilles... Peut-être s'agissait-il d'un retour aux racines de la gastronomie...
Ecrit par : cécile | 26.06.2008
Ecrire un commentaire