02.06.2008
Eculé
Le prochain adjectif sera donc éculé :

( J'ai fait le point sur les digestifs curieusement, je m'en excuse...)
Définition :
Qui a perdu son cul (en parlant d'un sac, un pantalon...)
Par extension, démodé, passé.
Synonymes : vieux, passé, démodé, déformé, usé, usagé, vielli, ressasé
Moi, après rhizocarpé, plus rien ne me fait peur...
21:55 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : epithete cooking challenge
Rhizocarpé : le résultat
Je laisse à Babette le soin d'intervenir pour nous présenter son entrée...
Le plat : Canette de barbarie farcie à la rhubarbe

J'avoue qu'après les aléas de l'épisode "régional", je me suis laissé aller à la facilité. Malgré l'excellent travail de recherches d'Estelle, qui ouvrait toutes les possibilités (ce qu'ont démontré mes camarades), je n'ai utilisé qu'un ingrédient rhizocarpé, découvert comme tel sur le tard : la rhubarbe. Et j'avoue que c'est en surfant sur le net que j'ai eu l'idée d'introduire cet ingrédient dans un volatile. Un plat simple qui s'est avéré délicieux puisqu'il n'est rien resté ou presque de cette pauvre bête.
Mise en oeuvre très simple : 1 kg de rhubarbe émincée, mise à suer avec 150g de sucre roux dans une casserole (oui je sais désolé Cécile, ça vient de me revenir). Mélanger avec de la coriandre, saler au sel de guérande, ajouter du piment d'espelette. Remplir la canette avec le mélange et mettre au four le temps voulu (1 heure environ). Déglacer le plat et ajouter de la coriandre hachée dans le jus...
Pour la boisson, j'ai pensé bien-sûr à l'arôme des vins. Armé de ma liste d'aliments rhizocarpés, un petit tour sur mon site de référence m'a appris que les arômes de banane et d'ananas étaient réservés aux vins blancs... Il me restait le réglisse, plus classique. ça tombe bien j'avais dans la cave une bouteille de Clos de Patris, un côtes du Ventoux épatant qui confirmait sur son étiquette "cerise et réglisse". Court moment d'euphorie puisque j'ai constaté très vite que ladite bouteille avait déjà été bue. J'ai donc couru dans le repère de mes autres camarades, au lieu-dit, et j'en suis ressorti avec un Costières de Nimes 2007 plutôt correct et un très remarquable cahors 2005, "clos d'un jour", avec un cépage cent pour cent cot lui conférant une note effectivement réglissée...
C'est Christophe qui prend le relais avant que je prenne racine dans ce post...
Le dessert ... :
Après le tirage de cet adjectif tant redouté, l'inquiétude nous a pas mal tenaillés, ce qui explique le record de commentaires et le partage assez inhabituel des recherches.
Si on nous avait dit que ça aboutirait à une compote de bananes, nous aurions été plus sereins ... ou encore moins ;)
Finalement, nos ingrédients rhizocarpés principaux furent la banane, l'ananas et le gingembre. Plus la menthe en appoint. Et le rhum, puisqu'il provient de ce célèbre rhizocarpé qu'est la canne à sucre.
La semaine a été ponctuée de tests nocturnes, non pas que nous cuisinions en biodynamie selon les phases de la lune, mais parce qu'inventer et mettre au point des recettes allonge les soirées.
Le crumble aux quatre bananes et ses complices tropicaux

- Préparez à part un crumble en mélangeant à la farine et au beurre : du sucre roux, de petits éclats de "bananes chips" (ces rondelles très croquantes) et de tout petits cubes de gingembre déshydraté.
- Envoyez brunir le mélange au four sur une plaque à patisserie, et occupez-vous des verrines :
- Déposez au fond quelques rondelles de ces bananes miniatures appelées fressinettes.
- Par dessus, empilez de petits morceaux de bananes séchées, vous savez, ces bananes noires et collantes qu'on vend tassées dans dans un petit carton cellophané.
- Pendant ce temps, vous avez fait fondre à feu doux de gros morceaux de bananes bien mûres dans un fond de sirop de sucre (de canne). Versez cette compotée encore chaude sur les bananes déjà en place.
- Sortez le crumble du four, il devrait être croustillant; et répartissez-le sur les verrines
Ces juxtapositions avaient un côté un peu dichotomique, mais ça n'a choqué personne.
En tout cas pour moi les bananes séchées étaient carrément madeleinedeproustiennes.
Comme quoi rhizocarpé mène à beaucoup de surprises.
Ces verrines étaient accompagnées d'un grani(ra)té à l'ananas (qui avait plus une allure de sorbet), dont la légèreté contrastait avec le collant de la banane, décoré d'une micro-brochette menthe fraîche-gingembre confit.
Enfin, un mini-baba au rhum (brun), celui qui, à lui tout seul, nous demanda deux soirées de mises au point, les recettes de baba trouvées sur le net étant soit fantaisistes*, soit pas adaptées à une si petite mignardise. Au creux du baba, une cuillerée de crème fouettée lestée de gingembre frais râpé.
Pour la boisson, nous avons un moment cru naïvement que nous trouverions un vin à l'arôme de banane, comme on le dit parfois de beaujolais nouveaux. Mais ce n'est plus la saison du beaujolais nouveau, et si certains œnologues distinguent un nez de banane dans certains gamay ou chardonnay, aucun caviste ne s'est risqué à nous faire une recommandation rhizocarpée.
Et nous n'avons pas eu la présence d'esprit de rechercher de la réglisse !
C'est donc un bon vieux mojito maison (rhum blanc et menthe, plus sirop de canne et eau gazeuse) qui a accompagné ce dessert rhizocarpé, l'adjectif qui, à ce jour, nous a demandé le plus gros investissement intellectuel et préparationnel !
*Que ceux qui veulent des détails sur les proportions non-fantaisistes et une progression professionnelle pour 15 mini-babas postent un commentaire, je ne vais pas encombrer ce blog avec des choses si triviales ;)
21:49 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : rhizocarpé, epithete cooking challenge
30.03.2008
Régional
Et oui, la prochaine étape est régionale... Simple. Trop simple ? On verra bien...

21:44 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
24.03.2008
Constructif : le résultat !
Pour cette sixième édition de l'ECC, nous avons pensé modifier un peu les règles du jeu, pour rester en accord avec notre thème du mois : constructif. Nous nous sommes donc donné rendez-vous en début d'après-midi, chaque équipe devant apporter 5 éléments constructifs. Nous avons ensuite discuté de ce que chaque équipe pouvait faire, en se partageant ces 15 ingrédients qui devaient tous être utilisés.
La liste : bricks, patates douces, gambas, mangue, coriandre (Christophe et Cécile), poisson, courgettes, mozarrella, tomates cerises, ananas (Gildas et Estelle), gambas, christophines, golden mushrooms, amandes, oranges (Babette et Caroline). Je suis sûr que j'ai encore foiré la répartition mais c'était à peu près ça... en tous cas voici la photo témoin :



Le festin virtuel en kit sur la table de la cuisine était à la limite du paralysant, mais avec l'esprit contructif qui nous animait tous les six, il n'était finalement pas très difficle de cerner le potentiel de certaines combinaisons.
Cécile et moi avons choisi gambas (grosses et petites), ananas, patates douces et coriandre, avec l'idée de construire un plat sucré-salé. Restait à trouver quelques compléments dans les placards (de Gildas), seuls fournisseurs autorisés.
La tour gambananas et son rempart de patate douce.

L'histoire commence avec l'épluchage et la découpe en cubes des patates douces, et leur cuisson en cocotte-minute.
Puis nous avons fait revenir les gambas avec du beurre et du gingembre "du placard" (en l'occurrence du congélateur) ; pendant ce temps, de fines rondelles d'ananas tentaient de caraméliser dans leur propre jus enrichi de sucre brun.
Pour le service, nous avons empilé les tranches d'ananas en alternant avec les gambas poêlées, de façon à obtenir un semblant de construction. Plus évident était le mur de cubes de patates douces, fondants à souhait.
La poêle des ananas déglaçait avec du vinaigre "qui-n'a-de-balsamique-que-le-nom" et encore un peu de sucre, pour obtenir un caramel aigre-doux jeté sur l'assemblage gambas-ananas ; la patate douce se voyait nappée d'une sauce légère de lait de coco et coriandre ciselée.
Un résultat plutôt positif, avec comme inconvénient la dureté du caramel refroidi : nous n'avions pas pensé à le délayer pour lui conserver un peu de fluidité, il en a profité pour s'improviser ciment, mais comment lui reprocher cet ecxès ... constructif ?
20:31 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : epithete cooking challenge, constructif
23.02.2008
Constructif

Étymol. et Hist. xve s. [ms.] (Gloss. lat.-fr., Richel. Cat 7679 ds Gdf.), seulement au xve s., gloses; puis 1863 (Littré). Empr. au b. lat. constructivus « propre à construire ». Qui contribue à construire, à faire avancer les choses de façon positive
Voir : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/constructif
19:14 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
02.01.2008
Pétillant : le résultat !
Une édition particulière de notre challenge, puisque combinée avec le réveillon du nouvel an, et avec en plus pour la première fois, des invités. Un peu d'apréhension du coup pour certains d'entre nous, mais finalement tout s'est très bien passé !
Pour une fois, et étant donné l'adjectif retenu, tout le repas s'est fait avec une boisson unique : du champagne !
Amuses-bouche pétillants de la mer

Christophe : L'entrée, et donc aussi les amuse-bouche de l'apéritif, voilà une expérience inédite pour nous dans le cadre du cooking challenge...
Ayant rapidement conclu que les frizzi-pazzi convenaient mieux au dessert qu'à l'entrée, il nous a fallu explorer d'autres pistes pour le pétillant à manger ...
Puisqu'on était dans le trip "fêtes de fin d'année" avec l'épithète du dîner, nos réflexions nous ont assez rapidement menés aux œufs de poisson qui "pétillent" en craquant entre la langue et le palais. Pour 10, le caviar semblait un peu hors d'échelle, mais les œufs de lump et de saumon ont aussi un craquant sympathique.
Les amuse-bouche pétillants de la mer
Belle dichotomie de noir et de rouge, les œufs de lump sont présentés sur un coussin de blanc d'œufs (de poule) montés en neige (pour rester dans les petites bulles) mi-cuits, avec un soupçon de mayonnaise bien relevée pour contrebalancer la puissance du sel et de l'iode. La présentation en cuillers, au delà de son indispensable branchitude, s'imposait pour éviter le canapé à la texture envahissante ou la verrine peu appropriée.
Noix de Saint-Jacques marinées aux agrumes et leur bain moussant

Les noix de St Jacques marinées aux agrumes dans leur bain moussant
(Gildas, je valide ta trouvaille)
Notre autre piste de réflexion était l'utilisation directe d'un breuvage pétillant dans la recette. La boisson à la coca et à la cola dont je vous avais menacés n'a pas tenu la comparaison avec le champagne, et nous avons cherché du côté des trous-normands. Vu le contexte, ce seraient plutôt des trous champenois, mais normand est le terme consacré.
Cependant, commencer un dîner par un trou, même francilien, n'est pas évident.
C'est donc la St Jacques qui a eu l'honneur de remplacer la boule de glace. Les noix ont mariné quelques heures dans un mélange des jus d'une demi-orange et d'un citron vert, agrémenté de quelques zestes. (À la dégustation, le parfum d'orange avait pris beaucoup d'ampleur, il faut sans doute avoir la main plus légère). Posée dans une cuiller, chaque tranche de noix se voyait poudrée d'un microchouillas de paprika et ornée d'un plumet d'aneth avant de faire la star dans son bain de champagne.
L'entrée : Œufs de saumon sur mousses de saumon fumé et d'avocat

Après avoir amusé la bouche, il fallait aussi contenter l'estomac ...
Pour l'entrée, nous avons continué sur le concept des ovocytes crépitants, en cherchant aussi à donner du pétillant par la variété des goûts et des textures :
Œufs de saumon sur mousses de saumon fumé et d'avocat.
Quelques avocats mixés en purée avec un jus de citron vert et mélangés à de la crème fleurette battue, même sort pour des tranches de saumon fumé, voilà un excellent matelas pour la progéniture dudit saumon. Un lit de cubes de pomme Granny au fond de la verrine procurait un agréable contraste de fraîcheur croquante.
Le plat : Pétillante choucroute de la mer au champagne
sur une idée de Jacques pour sa première participation !
Babette, on attend tes commentaires !

Babette : Du calme, le voilà, mon commentaire.
La vague au lieu d'écumer s'est fracassée sur le rocher : la sauce hollandaise revisitée est retombée !!! Elle était réalisée spécialement pour l'occasion avec du champagne et agrémentée de pistils de safran pour le goût et la couleur. L'épreuve finale du batteur n'a pas été concluante, excepté pour la cuisine de Gildas et Estelle qui s'est trouvée repeinte après notre passage.
L'idée de la choucroute de poissons de mer était destinée à établir un lien avec l'écume associée parfois à pétillant.
Les poissons devaient être de différentes couleurs : hadock ocre, saumon rosé et dos de cabillaud blanc, idem pour les pommes de terre : ratte du Touquet jaune et roseval prune car pétillant se rapporte aussi à coloré.
Enfin, la choucroute était au champagne et le tout arrosé de champagne ; sans surprise mais efficace pour se régaler.
Les plats au cidre ou à la bière ont également été envisagés mais pour une Saint Sylvestre, nous devions éviter toute confusion avec avaricieux, ce dont ne se plaidront sans doute pas nos "special guests" !!!
Le dessert : 3 variations pétillantes autour de la Mandarine

Gildas : Bon, là je peux en parler. J'ai assez rapidement pensé à une spécialité proposée par Christophe Beaufront, le chef de l'avant goût, à base de fraises pétillantes. Etant donné la saison, j'ai pensé transposer le principe à la mandarine, en ajoutant deux essais avec le même fruit. Je commence par le plus simple : un granité à base de sirop artisanal de mandarine et d'eau gazeuse. Deuxième verrine, avec une gelée de champagne et sirop aux mandarines fraiches.
Je reviens au dessert de Christophe Beaufront, qui utilise un ingrédient particulier qui fait réellement pétiller les papilles, et qui rappelle, pour ceux qui connaissent, les chewing gum frizzy pazzy. J'ai cherché partout ce produit magique et même fini par contacter le restaurateur, qui m'a très sympathiquement proposé son aide, mais les délais étaient trop courts. J'ai donc finalement opté pour les fameux chewing gums, qui se font toujours mais vraiment pas partout. Cela a permis à Estelle de me secourir et de participer aussi au challenge en triant dans chaque sachet les éléments pétillants du chewing gum. Une petite heure de travail, pendant que je pelais les quartiers de mandarine (ce qui m'a amené a penser qu'effectivement, la fraise, c'est une bonne idée).
Bon je termine tout de même ma présentation : j'ai donc fait un petit mille feuille en alternant feuilles de brick, crème au mascarpone et quartiers de mandarine pelés, parsemés au dernier moment de la poudre magique : un résultat incroyable car le crépitement commence dans l'assiette et finit en bouche !
12:10 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : epithete cooking challenge, pétillant
04.12.2007
Pétillant
et voilà, pour la prochaine édition, qui aura lieu le 31 décembre, nous avons dérogé à la règle en choisisant notre adjectif, de circonstance. C'était pas le moment de tomber sur avaricieux ou aqueux !

> pétiller
(verbe intransitif)
Eclater avec un petit bruit réitéré.
Jeter un vif éclat: des yeux qui pétillent, une intelligence qui pétille.
Produire des bulles.
21:45 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
03.12.2007
Dichotomique : le résultat
Allez, c'est maintenant ou jamais : je fais le compte rendu.
Pour cette troisième édition du Epithete cooking challenge, désormais connu internationalement jusqu' à Lyon, Lorient ou Marseille, nous étions donc cette fois chez Christophe et Cécile, qui n'avaient pas fait les choses à moitié, puisque précisément la table avait été divisée en deux, les garçons d'un côté et les filles de l'autre.
Une fois de plus j'avais en charge la partie apéro et entrée. Je passe rapidement sur les saucissons (sec et à l'ail) pour arriver aux bouchées aux deux pommes et deux boudins : tranches fines de pomme de terre puis traches de boudin blanc ou noir, parsemées d'un émincé de pomme revenu rapidement dans du sucre de canne et de la cannelle, le tout passé quelques instants au four. En boisson (sur une idée, je dois le reconnaitre, de mon papa), un Arbois rouge, Trousseau, 2005, dans le but de l'opposer à un Arbois blanc servi avec l'entrée.

L'entrée : roulades de carpaccio de boeuf au crevettes et timballe de deux riz, sauce coco

Là encore je reconnais une participation extérieure, puisque c'est Chris qui m'a suggéré cette association curieuse. Et forcément j'ai été emballé tout de suite : ça permettait toutes les dichotomies possibles : terre/mer, vertébré/invertébré, sucré/salé...
Les crevettes, enveloppées de carpaccio de boeuf, ont mariné tout l'après-midi dans une sauce faite de lait de coco, de jus de citron vert, d'un trait de curry et de piment. Elles ont ensuite été égouttées et essuyées sur du papier absorbant. Au dernier moment, elles ont été rapidement poellées dans un mélange huile d'arachide (hum...) et beurre, pendant que la marinade réduisait avec de l'ail et de l'oignon nouveau dans une autre poëlle. Le tout allait être servi fort originalement avec deux riz de camargue : rouge et blanc. Et accompagné comme dévoilé plus haut d'un Arbois blanc, sépage savagnin, pour compléter la dichotomie vin rouge/vin blanc.
Le plat : Cru-cuit de saumon aux deux riz

Première fois qu'on se retrouve à avoir les mêmes idées ! Non, je ne dis pas que les grands esprits se rencontrent. quoi que. Ceci dit, il ne s'agit pas des mêmes riz : il y a cette fois un riz noir très intéressant et qui a visiblement demandé des recherches assez lointaines. L'élément central étant donc le saumon, avec les dichotomies chaud/froid et cuit/cru, pour un résultat très agréable et très bon. Comme j'ai eu quelques remarques sur le manque de fiabilité de ma mémoire, je préfère laisser les responsables s'exprimer :
Le cru-cuit de saumon aux riz noir et blanc
La dichotomie pouvait prendre plein de formes en cuisine, c'est finalement l'opposition cru/cuit (et froid/chaud) qui nous a semblé la plus prometteuse.
La première idée : un pavé de saumon cuit à l'unilatérale, grillé suffisamment fort et rapidement pour que la face non exposée au grill reste crue.
Heureusement, Martine, tenancière du site "banlieusardises" m'a rappelé que dans ce cas, la partie crue devient un peu gélatineuse et moins appétissante.
Le cru a donc été prélevé sur la partie la plus charnue du filet de saumon et découpé en petits cubes mis à mariner quelques heures dans du jus de citron enrichi d'un filet d'huile d'olive parsemé de coriandre. Quelques tours de moulin 5 baies pour un subtil apport de cardamome.
La partie la plus fine du pavé a grillé au moment de servir, parfumée d'un soupçon de cumin, d'un tour de moulin 5 baies, et de quelques cristaux de fleur de sel.
Un accompagnement classique pour le saumon étant le riz, nous avons eu envie de riz noir comme contre-pouvoir au riz habituel. Le véritable riz noir "vénéré" étant inaccessible dans le temps qui restait, c'est le riz sauvage américain, à l'enveloppe d'un beau noir-violet, qui a gagné le droit d'affronter le riz blanc basmati dans un duel de tours d'échecs disposées sur l'assiette de part et d'autre du saumon.
La boisson dichotomique nous a laissés plutôt ... secs, jusqu'à l'idée d'un vignoble "coupé en deux". Comme les vignobles de chasselas qui s'étendent de part et d'autre de la frontière franco-suisse, par exemple. Le chasselas étant nommé "fendant" par les suisses, cela lui conférait aussitôt un supplément dichotomique de bon augure. C'est donc un vin de cépage vaudois qui a eu l'honneur d'accompagner notre saumon, un Chasselas 2005 de chez Kursner à Fuchy.
Oui, je sais, Fuchy n'est pas particulièrement sur la frontière helvético-savoyarde, mais l'orthodoxie de l'épithète méritait d'être sacrifiée à la qualité du breuvage, très nouveau à nos palais.
Gildas, sache qu'il y a même un domaine vinicole coupé en deux par cette frontière : le terroir de Carra
Le dessert : gateau ying/yang aux deux chocolats

Ma perception des événements ayant été sensiblement altérée par, très certainement, la fatigue, je laisse Babette s'expliquer :
Des précisions sur le gâteau, il résulte de la juxtaposition des recettes d'un gateau au chocolat classique et de la crème pâtissière. Il n'était certes pas diététique mais plus "léger" que je le craignais et les garçons, qui sont très sympas avec moi, m'ont même fait le plaisir d'en reprendre !

Boire ou conduire, il faut choisir. Avec un maximum de 500 métres à pied pour rentrer, nous avons donc pu apprécier pleinement les irish coffee, dichotomiquement équilibrés entre alcool et café, liquide chaud et crème CHANTILLY fraîche. Voilà, c'est dit.
Pour le coffee, il était French avec le Cognac ou Irish avec le Whiskey (on ne dit pas whisky, chez les Irlandais car ce breuvage se distingue des autres par sa triple distillation et c'est précisément là mon erreur ; une double distillation aurait été plus dichotomique...).
Mais qu'il soit French ou Irish, le café n'était pas surmonté de crème fraîche mais d'une crème Chantilly "maison" confectionnée avec 50 cl de crème fleurette, du sucre glace et de l'authentique vanille de Madagascar, un régal !
Promis, je ne me laisserai pas distraire par le pétillant, la prochaine fois, je prends des notes en cours de repas...
21:50 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
12.11.2007
Dichotomique

(ch se prononce k) adj. XIXe siècle. Dérivé de dichotomie. 1. Qui se divise en deux, puis se subdivise en quatre, et ainsi de suite. Des ramifications dichotomiques. 2. Qui repose sur un principe de division par dichotomie. Méthode dichotomique.
(ch se prononce k) n. f. XVIIIe siècle. Emprunté du grec dikhotomia, « division en deux parties égales ». 1. ASTRON. Aspect d'un astre quand il est dichotome. 2. SC. NAT. Mode de division d'un organe en deux branches qui se divisent à leur tour en deux ramifications chacune, et ainsi de suite. 3. LOGIQUE. Division d'un concept en deux concepts contraires qui en recouvrent toute l'extension. On procède par dichotomie lorsqu'on divise le genre animal en Vertébrés et en Invertébrés. Par ext. Méthode de division et subdivision binaires. Classification par dichotomie. 4. Partage, contraire à la déontologie médicale, que fait de ses honoraires un chirurgien ou un spécialiste avec le médecin qui lui a adressé un malade.
Rendez-vous le 1er décembre !
17:08 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Horrible : l'horrible résultat
Deuxième édition de l'épithète cooking challenge, et nous squattons à nouveau chez Babette. Encore une fois, elle a pris soin de préparer la table en rapport avec le thème. C'est horriblement joli.

En apéritif, Vomi de phacochère glacé et ses morceaux de bile.
Bon au départ je l'avais pas appelé comme ça, mais ça sonne bien, non ?

Il s'agit en fait d'un punch coco (1/4 de rhum blanc, 1/4 de sirop de sucre de canne et 2/4 de lait de soja) dans lequel flottent
des vermicelles de tapioca et des baies (hot lùu), bases d'un dessert vietnamien excellent (suongsa hot lùu) mais assez bizzare d'aspect. (horrible ?). Le tout est généreusement accompagné de glaçons et se boit très frais.
En accompagnement, des accras de morue. Pas très beaux d'aspect, ils étaient censés être aussi Horriblement épicés. En fait, j'ai peut-être été trop léger sur le piment.

Caroline, qui après avoir sorti au hasard du dictionnaire les adjectifs qui allaient nous torturer avait préféré s'enfuir à l'autre bout de la terre, était finalement courageusement revenue prêter main forte à Babette. Et quitte à mettre le doigt dans l'engrenage, elle avait aussi mis la main à la pâte.

Résultat, des très jolis doigts sectionnés au niveau de la deuxième phalange, à déguster avec une sauce de sang frais. Miam.
L'entrée : Assiette marine mutante post amoco

Au centre, un oeuf en gelée. N'oublions pas que horrible vient de la racine latine horrere, "qui fait trembler". pour corser un peu, l'oeuf a été poché dans une eau qui contenait du colorant rouge. ça donne un aspect "foetus" des plus réussi. Au fond, des lanières de saumon qui ont séjourné dans du colorant vert. On hésite entre une algue et une attaque microbienne. Pour ne rien perdre du spectacle, la gelée est transparente. Il s'agit juste d'eau salée mélangée à 4 feuilles de gélatine. J'avais aussi mis un peu de Martini bianco pour le goût, mais pas assez pour qu'on le sente vraiment. Dans une deuxième verrine, deux crevettes vertes (répéter 20 fois très vite "crevette verte) se prélassent dans un fond de mayonnaise rose. La deuxième idée était en effet de prendre des éléments "horiblement chers" et "horriblement bons" et de gacher le plaisir par des colorants affreux. ça marche très bien avec des crevettes roses. Je n'ai pas pu y arriver avec les médaillons de homard breton (Estelle avait menacé de me quitter). Il y a aussi des oeufs de saumon, qui n'ont besoin de personne pour avoir l'air horribles (oui Cécile, il n'y avait pas de caviar, je vais voir ce que je peux faire pour un prochain thème. avaricieux ? non pas celui-là.) et une salade de pousses de betraves et de saumon fumé, vinaigrette lègère huile de noisettes, balsamique et moutarde à l'ancienne (du noir et des petits grains !)
A boire avec tout cela : un Chassagne Montrachet blanc. En effet, une étude récente montre que le Chardonnay serait issu d'un croisement entre une variété de pinot et un horrible cépage : le gouais.
Le plat qui fait vomir la cuisinière : Monstres marins en daube, servis avec leurs cousins dans les pates
Un conseil si toi aussi tu veux faire cette recette chez toi : il est déconseillé de dépiauter ces pauvres bêtes à 7h30 du matin, au saut du lit.

Ce plat s'appelle aussi plus classiquement Poulpe en daube. Je laisse à Babette le soin de dire dans un post comment elle en est arrivée là. Le résultat est en tout cas absolument délicieux, tendre et parfumé. Et servi avec un vin espagnol qui a aussi été utilisé dans la sauce : le Sangre de Toro.
Les cousins dans les pates, ce sont bien sûr des pâtes à l'encre de seiche, pour aller encore plus loin, si possible, dans l'horreur.

L'interview de Babette sur son plat :
Revenir sur cet horrible souvenir du dépeçage de mes chers octopus, dont de surcroît un était estropié puisqu'il n'avait que 7 tentacules, provoque toujours un haut le coeur, si bien que je n'en dirai pas plus, excepté que le dictionnaire Collins Cobuild signale une étrangeté à leur sujet : "Some people cook and eat octopus". Ames sensibles s'abstenir !
Le dessert : proposition de perforation stomacale et son vin transgénique

Je laisse la parole à Christophe et Cécile pour décrire leur dessert :
Après" l'Imam Évanoui" de Babette pour le dîner albanais, nous pourrions baptiser notre dessert "Évêque lapidé" tant la poire cuite (au gingembre et citron vert) teintée de violet rappelle des viscères ou des chairs découpées. À moins que la mousse au chocolat (légèrement parfumée au whisky) ne nous entraîne vers le scatologique ...
Quant aux épingles ... L'idée était de faire ressentir l'horrible dans ce que le palais pouvait anticiper à la vue du dessert. Le latin "horrere" signifiant également "hérisser d'effoi", il fallait hérisser un bon dessert de piques rebutantes.
ATTENTION : n'essaie pas de reproduire chez toi cette présentation, c'est beaucoup trop dangereux !
Pour accompagner cette expérience limite, nous avons violacé dans sa bouteille un puissant Arbois, cuvée "Sacha" 2002 (mi-SAvagnin, mi-CHArdonnay). Que Jacques Puffeney, le vigneron, nous pardonne cet horrible attentat : ces colorants sont indétectables au nez ou au palais.

Je passe sur le café et les digestifs, sauf pour signaler que le choix était horrible, bien-sûr. Pour ma part j'ai aidé à finir le cognac, mais sans horrible mal de tête le lendemain !
Je laisse à mes camarades le soin de mettre leurs recettes en post, et si j'ai un peu de temps, je rajouterai un album photo avec les tests et essais...
15:55 Publié dans cuisine expérimentale | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : cuisine, recette horrible, repas horrible, entrée horrible, plat horrible, dessert horrible



